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Quand Bolodou et Kassadou se lèvent pour sauver une plante que le monde est en train de perdre

  • Writer: Le Club des Amis de Gueckedou
    Le Club des Amis de Gueckedou
  • Jan 4
  • 3 min read

Au Mont Konossou, en Guinée forestière, se joue une histoire discrète mais décisive. Une histoire qui ne fait pas de bruit, qui ne cherche pas les projecteurs, mais qui engage l’avenir d’une espèce végétale dont l’existence entière repose aujourd’hui sur ce massif rocheux. Feliciadamia stenocarpa, plante strictement endémique, ne survit plus qu’ici. Nulle part ailleurs sur la planète.

Face à cette réalité scientifique implacable, deux villages — Bolodou et Kassadou — ont choisi de ne pas détourner le regard.

Un combat local pour un enjeu mondial

Le Mont Konossou n’est pas seulement une montagne. C’est un refuge biologique, un microcosme fragile façonné par des conditions géologiques et climatiques particulières. C’est surtout le dernier habitat connu de Feliciadamia stenocarpa, aujourd’hui classée en danger critique d’extinction.

Dans ce contexte, chaque passage non contrôlé, chaque dégradation, chaque feu de brousse représente une menace directe. La disparition de cette plante serait définitive, irréversible. Ici, l’extinction n’est pas une abstraction : elle est une possibilité tangible.

Quand les communautés prennent la responsabilité

À Bolodou et Kassadou, la prise de conscience est devenue action. Les communautés locales se sont mobilisées pour surveiller le site, limiter les pressions humaines, sensibiliser les habitants et protéger la zone endémique. Cette mobilisation n’est ni imposée ni symbolique. Elle est née d’un constat simple : si les populations riveraines n’agissent pas, personne ne le fera à leur place.

« Avant, on passait devant cette montagne sans vraiment savoir ce qu’elle cachait. Aujourd’hui, on sait que cette plante n’existe nulle part ailleurs. Si nous ne la protégeons pas ici, elle disparaîtra pour toujours. C’est devenu notre affaire. »Mme Sia, habitante du village de Bolodou

Ce témoignage résume l’état d’esprit qui prévaut désormais autour du Mont Konossou : une responsabilité assumée, collective, enracinée dans le territoire.

Le rôle structurant du Club des Amis de Guéckédou

Cette dynamique communautaire est accompagnée et structurée par le Club des Amis de Guéckédou, qui œuvre depuis plusieurs années à la protection du patrimoine naturel local. L’organisation appuie la surveillance communautaire, renforce les capacités locales et mène un travail de plaidoyer auprès des autorités.

« La protection de Feliciadamia stenocarpa n’est pas un projet importé. C’est une responsabilité que les communautés ont acceptée parce qu’elles savent que si cette plante disparaît ici, elle disparaît pour toujours. Notre rôle est d’accompagner cette prise de conscience et de la transformer en actions durables. »Ibrahima Kamano, Responsable des Programmes, Club des Amis de Guéckédou

Au-delà des actions de terrain, le Club des Amis travaille à inscrire cette protection dans la durée, à travers des mécanismes de reconnaissance officielle et de gouvernance partagée.

Une ambition claire : protéger et reconnaître

Les efforts engagés visent désormais un objectif structurant : la désignation du Mont Konossou comme aire protégée, avec une ambition à plus long terme de reconnaissance internationale en tant que Réserve mondiale de biosphère de l’UNESCO.

Une telle reconnaissance permettrait de consolider la protection juridique du site, de renforcer la recherche scientifique, de développer l’éducation environnementale et de concilier conservation et développement local.

Un choix de société

Au Mont Konossou, la sauvegarde de Feliciadamia stenocarpa ne repose ni sur des discours grandiloquents ni sur des promesses lointaines. Elle repose sur des villages, des femmes et des hommes qui ont compris que certaines pertes ne peuvent être réparées.

Bolodou et Kassadou ont fait un choix rare : celui de protéger, pour le monde entier, une espèce que le monde est sur le point de perdre. Dans le silence des montagnes, ce choix pourrait bien faire la différence entre la disparition et la survie.

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